Camaret-sur-Mer autrement : les épaves, les vieux bateaux et les paysages oubliés de la presqu’île de Crozon

Les photographies présentées dans cet article, comme les autres photographies originales du site Les 3 Koïs, ont été réalisées en photographie argentique traditionnelle avec des boîtiers Leica au format 24 × 36 et Bronica au moyen format 4,5 × 6, sur pellicule noir et blanc. Elles ont ensuite été développées et tirées dans le laboratoire argentique des 3 Koïs. Ces images sont issues de nos propres prises de vues et témoignent de notre regard personnel sur la Bretagne.
Il existe des lieux que l’on visite pour ce qu’ils montrent
immédiatement. Et puis il y a ceux qu’il faut regarder un peu plus longtemps.
À Camaret-sur-Mer, sur la presqu’île de Crozon, le regard est naturellement attiré par le port, les quais et l’horizon de la mer d’Iroise. Mais à quelques pas de cette Bretagne familière subsiste un autre paysage : celui des vieux bateaux, des coques abandonnées et des traces laissées par les hommes et la mer.
Des silhouettes de bois et de métal, lentement transformées par le vent, le sel et les marées. Comme si elles attendaient encore un départ qui ne viendra plus.
Le cimetière de bateaux de Camaret : une autre mémoire du port
Camaret-sur-Mer a longtemps vécu au rythme de la mer et de la pêche. Aujourd’hui, certaines anciennes coques ne naviguent plus. Posées sur la grève, ouvertes par le temps, elles sont devenues des silhouettes de bois et de métal où l’on devine encore une partie de la mémoire du port.
Leur beauté n’est pas celle d’un bateau restauré. Elle vient justement de leurs fissures, de leurs membrures apparentes, des peintures effacées et du bois lentement travaillé par le sel, le vent et les marées.
Aux 3 Koïs, maison d’hôtes près de Pont-Aven, nous aimons justement partir à la recherche de cette Bretagne moins évidente : celle que l’on découvre en quittant parfois les itinéraires les plus fréquentés, en prenant le temps d’observer et de photographier. Camaret et la presqu’île de Crozon offrent merveilleusement cette possibilité.

Devant ces vieilles coques et ces paysages silencieux, difficile de ne pas laisser vagabonder l’imagination. On pourrait presque y voir le décor d’une enquête du commissaire Dupin : une anse isolée, quelques bateaux abandonnés, la brume qui descend sur la presqu’île… Il ne manquerait plus qu’un mystère à résoudre. Une évocation toute personnelle, bien sûr, inspirée par cette Bretagne énigmatique que les romans de Jean-Luc Bannalec ont si bien fait connaître à de nombreux lecteurs, notamment germanophones.
Photographier ce qui disparaît
Ces vieilles coques parlent naturellement à notre univers artistique. Le bois marqué, le métal oxydé, les surfaces usées et les formes transformées par le temps possèdent une beauté qui ne cherche plus la perfection.
En photographie argentique noir et blanc, les couleurs disparaissent pour laisser davantage de place à la matière, aux contrastes et à la lumière. Certaines de ces images pourraient avoir été prises hier comme il y a cinquante ans. Le temps devient difficile à situer.
C’est aussi cet esprit que l’on retrouve aux 3 Koïs, maison d’hôtes et atelier-galerie près de Pont-Aven : observer, créer et laisser une place à l’imprévu, aux traces du temps et à ce que la matière peut raconter.
Camaret-sur-Mer autrement : quitter les itinéraires habituels
Découvrir la Bretagne ne signifie pas nécessairement enchaîner les lieux les plus célèbres. Parfois, une petite route qui descend vers une anse, une grève découverte par la marée ou quelques bateaux oubliés racontent davantage un territoire qu’un panorama parfaitement balisé.
Autour de Camaret-sur-Mer et sur la presqu’île de Crozon, il suffit parfois de ralentir, de quitter momentanément l’itinéraire prévu et de regarder. Une lumière change, la brume arrive, une coque apparaît au détour d’un chemin : l’aventure peut commencer ainsi, sans programme.
C’est aussi ce que nous aimons partager avec les voyageurs qui séjournent aux 3 Koïs près de Pont-Aven : quelques idées pour découvrir les lieux incontournables, bien sûr, mais également l’envie de partir vers une Bretagne plus discrète, parfois étrange, et de revenir le soir avec l’impression d’avoir découvert quelque chose par soi-même.
Camaret-sur-Mer autrement, c’est justement accepter de regarder au-delà des itinéraires les plus évidents.




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